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Interview de Geneviève de Fontenay sur le handicap

2 novembre 2017

La Dame au chapeau est connue pour être l’ex-présidente du comité Miss France, mais elle l’est aussi pour son engagement à différentes œuvres caritatives.

Geneviève de Fontenay est notamment la marraine de l’Association Nationale Médias Handicaps, et signe également la préface de Pacôme Toulemonde !*, un livre dès 7 ans, pour mieux comprendre l’autisme, au profit du Dahlir 43 – Dispositif d’Accompagnement du Handicap vers les Loisirs Intégrés et Réguliers.

Conversation avec une femme de cœur, naturelle et drôle qui répond toujours présente pour servir la cause des personnes handicapées et des malades.

 

Romain : Merci Geneviève d’avoir accepté mon invitation. Quelle serait votre mesure phare en matière de handicap si vous étiez au gouvernement ?

Geneviève : Ah mon cher Romain, vous savez,  je ne suis pas près d’être au gouvernement ! Je ne suis qu’un grain de riz dans l’humanité (rires) mais dès que je peux aider, je le fais ! Je ne connais pas tout ce qui se passe dans le monde du handicap, mais j’adhère à des associations comme Handicap International. Si j’étais au gouvernement, je ferai un ministère pour les personnes porteuses de handicap. Paraît-il qu’il y en a un, mais on ne voit pas trop ce qui se passe avec, évidemment…

 

Romain : L’accessibilité des lieux publics progresse très lentement… qu’en pensez-vous ?

Geneviève : Bien sûr, et on ne peut que le déplorer. C’est vrai qu’on ne peut pas rentrer partout, et certaines maisons ne sont pas équipées pour aller d’un lieu à un autre. En revanche, j’ai vu qu’on avait fait beaucoup d’efforts à la SNCF, dans les trains à grande vitesse (TGV), pour l’accès des personnes handicapées et des fauteuils. Parce que, quand je prends un TGV, j’occupe toujours les voitures 1 & 11 et, c’est là qu’il y a l’espace pour les handicapés. Je les croise et leur demande s’ils n’ont pas besoin de quoi que ce soit. Voyager en fauteuil, ça se passe mieux aujourd’hui pour les TGV, mais pour les anciens trains, pas équipés, on est loin de faire monter un chariot malheureusement. Déjà qu’on a du mal à descendre les marches pour aller sur le quai !

Romain : Les personnes handicapées sont deux fois plus touchées par le chômage que les autres…

Geneviève : C’est le gros problème et, avec tous les salariés qui sont au chômage, ce n’est pas près d’être résolu. Où est l’humain… Alors, comme il n’y a pas de boulot en général, on oublie injustement les personnes porteuses de handicap. Cette situation est déplorable. […]

Romain : Des scientifiques ont conçu un robot qui pourra soulever les patients invalides afin de protéger le dos, mis à rude épreuve, des soignants. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Geneviève : Les robots, vous savez, ça me gêne, car ça enlève l’être humain, sa sensibilité. Le mot « robot » me fait peur, ça n’a plus d’âme… Maintenant, si vraiment ça peut faire quelque chose, pourquoi pas ? Cependant, je suis très sceptique ; il y a d’autres moyens que d’aller chercher un robot quand même !

 

Romain : On pense souvent que le handicap c’est être en fauteuil, être non voyant, malentendant, avoir un déficit intellectuel… Que diriez-vous pour faire exploser ces stéréotypes ?

Geneviève : Ce n’est pas parce qu’on est handicapé qu’on doit être stigmatisé ! On connaît des personnes en situation de handicap qui ont un travail intellectuel. Quand ils ont trouvé un endroit avec un patron, et ils sont tout à fait aptes à remplir le contrat qu’ils ont signé. Je me souviens d’être allée voir les chansonniers, et le type se moquait sur scène d’un handicapé. J’étais devant, et ça ne me faisait pas rire du tout, on n’a pas le droit de faire ça… Et à un moment donné, il était un peu déstabilisé et m’a dit : « Je vois que ça ne fait pas rire madame ! », je lui ai répondu que jamais, je ne rirai sur les personnes handicapées, les personnes dans la détresse, le malheur ou quoi que ce soit. Du coup, ça lui a coupé son sifflet ! (rire)

 

Romain : Pour vous, le mot « handicap » est-il adéquat ?

Geneviève : C’est difficile à dire, mais on pourrait proposer d’autres formules, pourquoi pas ? Je vais y réfléchir. Il y a sûrement un terme à trouver qui braque moins les gens. Mais c’est tellement psychique tout ça !  Parfois, il suffit de pas grand-chose pour faire changer ce que les gens pensent. Mais où commence le handicap… J’ai l’impression que maintenant il faut être une espèce de produit uniforme. Par exemple, une femme qui a de l’embonpoint ne sera certainement pas embauchée, car pour les patrons elle ne fera pas bien dans le décor, et c’est honteux !

Romain : Quel message voudriez-vous transmettre aux personnes en situation de handicap ?

Geneviève : Je leur souhaite d’être bien dans leur tête, d’ignorer ceux ou celles qui pourraient avoir des attitudes ou des propos choquants. Comme on dit : « Le chien aboie, la caravane passe. » Il faut être au-dessus de ça, laisser de côté ce qui peut être négatif, et se dire : « Moi, j’assume. Je suis bien dans ma tête. » Je sais qu’à l’école, souvent, quand un enfant n’est pas comme tout le monde, les autres enfants ont vite fait de se moquer de lui, et ça peut être très violent. Mais, il y a quand même beaucoup de gens qui s’intéressent aux autres, heureusement !

Romain : Merci Geneviève de m’avoir accordé cette entrevue.

Geneviève : C’était avec plaisir Romain.

 

Propos recueillis et mis en forme par Romain Garoux

 

*Pacôme Toulemonde ! de Rom Juan & Lucile Notin-Bourdeau – 62 pages – Éditions Jeanne-d’Arc – 14 euros (disponible sur Amazon)

Copyright - Dahlir 43 (http://dahlir43.fr)

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