Passer au contenu Passer à la navigation Accéder au formulaire de recherche

Fiona Gélin : mots pour maux avec Romain Garoux

28 novembre 2017

Fiona Gélin, actrice, auteure, chanteuse. Fille de Daniel Gélin, vedette du cinéma français. Elle a joué dans de nombreux grands films comme « Le roi des cons » avec Coluche ou « Parole de flics » avec Alain Delon. Devenue « sex-symbol » des années 80 à travers l’objectif de Mireille Darc, Fiona la guerrière nous parle des ses combats et se confie pour rassurer et assurer un avenir le plus radieux possible à tous les cabossés de la vie. Un entretien livré à coeur ouvert pour le Dahlir. Qu’il est bon de se livrer, de se libérer…

Romain : Merci de m’accorder cet entretien, Fiona.

Fiona : Mais c’est moi, Romain ! Je suis ravie. En plus, je suis en train de préparer un duo pour les handicapés, les autistes avec Sylvain Moraillon, mon parolier, guitariste. La chanson s’appelle A qui la faute, je l’enregistre bientôt pour la réédition de mon album «Passeport ». Je suis aussi marraine de l’association Paroles de Femmes qui s’occupe des femmes qui vivent dans la rue. (Elle fredonne le refrain de Si c’était moi, son titre sur les sans-abris) Et quand je croise au fil des rues / Ces gens qu’on toise comme des intrus, Je pense alors si c’était moi / Couchée dehors dans cet état.. J’adore cette chanson !

Romain : Retour d’errance et Si fragile, sont tes deux livres autobiographies. L’écriture comme thérapie en quelque sorte…

Fiona : Oui, absolument, je m’en rends compte en écrivant le troisième livre. Marquer mes maux sur le papier, c’est ma thérapie. Cela me fait du bien d’écrire ma vie, de tout dire.

Parce que j’ai fait beaucoup de bêtises… Je sortais avec des « mauvais garçons » et ça m’a valu de glisser. (Le ton de sa voix devient plus grave) Et puis, les « filles de » c’est difficile parce qu’on nous en demande beaucoup plus. Mais, j’ai eu la chance de me faire un prénom au cinéma et sur les planches ! (Elle sourit en disant cela)

Romain : On découvre dans tes livres à quel point tu es une battante…

Fiona : C’est gentil de dire ça. Oui, je suis une battante ! J’ai retrouvé ce que j’étais et qui j’étais avant mes excès de drogue et d’alcool. La pire drogue c’est l’alcool, parce qu’on en trouve partout. J’ai arrêté de boire depuis un moment, avant qu’il ne soit trop tard, et j’ai arrêté de me droguer depuis une vingtaine d’années. Je suis un roc maintenant ! En tout cas, le Dr William Lowenstein (SOS Addictions) avec qui je fais des conférences sur la résilience me dit que je suis une « miraculée ». J’ai failli y passer plusieurs fois, alors si on aime la vie, on arrête les frais. Et puis, j’ai une très bonne étoile !

Romain : Bravo Fiona, tu t’es sortie de tes addictions… Qu’est-ce qui t’a  aidé ? Qui t’a aidé ?

Fiona : La foi, la méditation, le public, mon petit bouddha que je trimballe partout ! Et surtout, je m’en suis sortie grâce à mon feu père. Papa qui s’était tourné à une époque vers l’alcool et la drogue et qui s’en était sorti grâce à l’écriture. Papa est mon exemple de combat. Et puis, si je m’en suis sortie, c’est aussi grâce à l’autodérision, en faisant rire les gens à travers mes maladresses. Comme dans la citation de Beaumarchais que tu m’as envoyée l’autre jour : « Je m’empresse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer. » Et, ce qui m’a beaucoup aidé également, c’est de chanter pour les handicapés, les autistes, et les malades de la mucoviscidose. En fait, j’ai le besoin de faire du bien car, j’adore aider les gens. Et évidemment, je m’en suis sortie pour l’amour de la vie et, pour mes deux amours qui me rendent tellement fière : mon fils Milàn et ma petite-fille Ghjuilia. (Sa voix devient joviale)
maux sur le papier, c’est ma thérapie. Cela me fait du bien d’écrire ma vie, de tout dire.

Romain : Qu’est-ce que tu attends de la vie maintenant que tes orages sont passés ?

Fiona : Eh bien, qu’elle me fasse vivre le plus longtemps possible pour voir mon fils grandir encore, pour m’occuper de ma petite-fille et pour voir cette sacrée planète redevenir « en paix ». Et pour mon avenir, jouer sur les planches d’autres pièces qui me tiennent à coeur. Et… (Une pause) rendre visite encore aux enfants hospitalisés pour leur faire partager ma passion du théâtre et de la poésie. Et, je rêve aussi d’avoir une scène au cinéma avec Gérard Depardieu ! (Elle rit en disant cela)

Romain : Dis-moi quel message aurais-tu à transmettre aux personnes porteuses d’un handicap ?

Fiona : (Après un long silence) En avant toute ! (Elle répète plus fort) Oui, en avant toute ! Comme un cri de guerre. Je regarde tous les Jeux Paralympiques à la télé, ça me donne une force ! Et quand je jouais « Les Monologues du vagin », j’avais mis la photo d’un skieur sans jambes dans ma loge de théâtre, ça me donnait la force de vivre, grâce à sa force à lui. Les personnes en situation de handicap ont quelque chose de plus ! Ce sont des êtres supérieurs qui ont des choses à nous apprendre sur nous-mêmes…

Romain : Je suis complètement d’accord avec toi ! Merci Fiona pour cet interview.

Fiona : Merci à toi. J’ai hâte de revoir ta bobine très vite mon grand !

Romain : Pareillement et merci Fiona. J’étais très content.

Propos recueillis et mis en forme par Romain Garoux

Fiona Gélin a publié Si fragile, aux Éditions de l’Archipel et Passeport, CD album en vente chez tous les bons disquaires.

Copyright - Dahlir 43 (http://dahlir43.fr)

On Conte sur nous - Écrire nos différences

Un réseau d’acteurs « Sport-Santé » engagés