Céline Breysse, éducatrice spécialisée

15 février 2018

Céline Breysse est éducatrice spécialisée. Plus qu’un lien, c’est une relation de confiance qu’elle développe avec les jeunes accompagnés… Rencontre.

“Je travaille avec les jeunes âgés de 12 à 21 ans sur les quartiers prioritaires de la ville du Puy-en-Velay, à savoir les quartiers Guitard, Val-Vert et le Puy-Centre.

Mon poste est particulier au sens où il dépend à la fois du Conseil Départemental de Haute-Loire, plus particulièrement du service social, au sein de la DIVIS mais est aussi pour partie financé par la ville du Puy-en-Velay.”

Un accompagnement à un moment du parcours de vie… sans contrainte.

“Mon rôle consiste à accompagner les jeunes dans la construction de leur projet de vie.

Pour cela, il est bien sûr entendu que je puisse compter sur un réseau de partenaires actifs comme les assistantes sociales de secteur, la mission locale, les maisons de quartier, les relais ado d’animation ainsi que des partenaires plus ponctuels comme le DAHLIR mais aussi des bailleurs sociaux.

J’interviens comme trait d’union entre les jeunes et ces structures.

 

Ce sont souvent les partenaires qui m’orientent les jeunes.

L’objectif est de les accompagner, en fonction de leurs besoins, vers les dispositifs de prise en charge du droit commun. Je peux les recevoir sur rendez-vous à mon bureau du centre-ville, mais également sans rendez-vous durant mes permanences les mercredi après-midi par exemple….

Nous travaillons avec le principe de libre adhésion et d’absence de mandat nominatif. Cela signifie que c’est le jeune qui décide s’il adhère ou non.

 

Tout repose sur la construction et le développement d’une relation de confiance avec le jeune.

 

J’assure des suivis sur du moyen terme. Mais tout va dépendre de la situation du jeune : cela peut durer 4 semaines comme 3 ans. J’essaie de passer le relais en les orientant vers des structures existantes.”

Empathie et bienveillance comme fil rouge de l’accompagnement.

“Avant tout, c’est un travail d’écoute et de relationnel. Parfois, dans le cas des jeunes étrangers, je suis la seule personne référente.

Le suivi englobe tout : les problématiques de santé, d’administratif, la scolarité, l’emploi…

Nous sommes un peu leur “béquille” à un moment donné de leur parcours de vie : l’idée est qu’ils n’en aient plus besoin, qu’ils puissent marcher sans béquille. Parfois, cela prend du temps.

J’interviens aussi dans une mission de repérage, de médiation… Par exemple, lorsque j’échange avec un jeune de 12 ans, je fais en sorte que ce temps de discussion soit informel, sur le lieu d’animation. Ainsi, le jour où il aura une difficulté, il saura vers qui se tourner. C’est d’ailleurs souvent comme cela que ça se passe.

Nous travaillons suivant les besoins du jeune, en lien avec le réseau, qu’il s’agisse du CPE du collège, de l’assistante sociale…

J’accompagne le jeune en fonction de son projet, là où il en est aujourd’hui…Nous allons à son rythme.

Il n’y a pas de contrat en lui et moi. C’est un relation de confiance qui s’établit, pour cela il est nécessaire de travailler en toute transparence.

Le jeune est acteur de son projet. Cet espace lui est dédié, il est rare que je travaille avec les parents, sauf à sa demande.

Comme c’est le cas par exemple avec l’association DAHLIR. Parfois, le jeune a des difficultés à accéder à une activité sportive, culturelle sur le territoire. Nous organisons un rendez-vous commun avec le DAHLIR à qui je passe le relais. Le jeune ressent le besoin d’être accompagné dans sa recherche, l’inscription dans un club. C’est un travail en réseau.”

Des projets valorisants.

“J’organise également des projets collectifs avec les partenaires. C’est le cas du projet sur la fête médiévale du Roi de l’Oiseau, organisée chaque année au Puy-en-Velay. Un groupe de jeunes fabrique des décors, des costumes… Ils ont un campement au sein de la fête et participent au défilé. Ils s’immergent dans cette fête et sont intégrés à la population.

C’est très valorisant pour eux, notamment le défilé devant des spectateurs !

Nous organisons également des séjours de distanciation avec l’environnement avec un groupe de 15 adolescents durant les vacances scolaires.

Les difficultés et les réussites dans le métier d’éducatrice spécialisée

“En réalité, je ne parlerais pas vraiment d’échec. Il y a tellement de cas différents.

Nous sommes présents en prévention afin d’éviter tout risque qu’une situation dégénère mais aussi a posteriori, d’une certaine manière comme dernière chance du jeune.

Un échec ça pourrait être un jeune qui ne raccroche pas et repart dans la nature. Nous avons de ces nouvelles une fois par an. Mais on peut aussi le voir de façon positive : il sait que nous sommes là, disponibles pour lui.

Pour ce qui est des points positifs, je prends l’exemple d’un jeune qui ne nous donne plus de nouvelle. Un an après, je parviens à le joindre. Il m’informe que tout va bien, sa vie est bien établie : il a un emploi stable et ne rencontre pas de difficulté. Ce service lui a permis de prendre son envol. Désormais il évolue sans béquille. Nous ne sommes simplement pas là pour le voir, mais c’est un point positif !

Ou bien lorsque je réalise mes bilans et que je peux apposer une date de fin de suivi. Là aussi c’est positif, car cela signifie que la situation du jeune est stable.

Des jeunes qui ont un parcours institutionnel ont souvent développé une relation de contrainte avec leur éducateur. Dans mon cas, cela ne s’établit pas de la même manière. Il savent s’en saisir car ce n’est pas obligatoire.”

Marielle Maurin-Santos Conseiller territorial et Référente handicap

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